9 janvier 2026
Dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier, un grave accident de la circulation s’est produit rue de Vaugirard, dans le 15ᵉ arrondissement de Paris. Un chauffeur VTC aurait perdu le contrôle de son véhicule après s’être vraisemblablement endormi au volant aux alentours de 2 heures du matin.
Union-Indépendants tient tout d’abord à apporter son soutien à l’ensemble des victimes de ce tragique accident, qui aurait très certainement pu être évité.
Ce drame souligne une fois de plus la problématique majeure de la fatigue, de l’épuisement et des conditions de travail auxquelles sont confrontés de nombreux chauffeurs VTC. La pression économique, les amplitudes horaires prolongées et l’absence de véritables protections sociales exposent à des risques graves, tant pour les conducteurs que pour les usagers de la voie publique.
En avril 2025, à la suite de la publication des indicateurs d’activité fournis par les plateformes, l’ensemble des chauffeurs VTC a été poussé à rouler toujours davantage pour gagner moins, au prix d’un risque croissant d’épuisement au volant.
Cette situation résulte d’une double dégradation :
- une croissance exponentielle du nombre de VTC sur le territoire,
- une baisse continue des taux horaires depuis deux ans.
Les deux principales plateformes ont enregistré des baisses significatives de rémunération :
- Uber : –1 %,
- Bolt : –12 %.
Entre 2022 et 2024, les pertes de chiffre d’affaires pour un chauffeur VTC travaillant à temps plein atteignent des niveaux inédits :
Ces chiffres traduisent une dynamique continue de dégradation : chaque année, les taux horaires baissent, la rémunération par course diminue et le temps non rémunéré augmente. Chez Uber, si la baisse directe de rémunération paraît limitée, le quasi-doublement du temps d’attente entre deux courses rend aujourd’hui impossible l’atteinte du chiffre d’affaires réalisé en 2022.
Moins de rémunération… et beaucoup plus de temps connecté
Cette dégradation est aggravée par l’allongement du temps d’attente entre deux courses, qui n’est jamais pris en compte dans les rémunérations. Chez Uber, le temps moyen entre deux courses est passé de 22,4 minutes en 2022 à 41,35 minutes en 2024 : il a presque doublé.
Résultat : les chauffeurs doivent rester connectés deux fois plus longtemps pour gagner autant, sans aucune garantie de rentabilité.
Union-Indépendants avait déjà alerté la mission d’inspection interministérielle sur les conditions d’exercice dans le secteur des VTC, déclenchée en septembre 2025, à laquelle nous avons transmis l’ensemble de ces éléments. À ce jour, nous attendons toujours la publication de ses conclusions.
En tout état de cause, cet accident doit enfin conduire l’ensemble des acteurs publics et privés du secteur VTC à prendre la mesure de l’urgence : il est indispensable de revoir en profondeur les conditions de rémunération et de travail des travailleurs indépendants, afin de garantir leur sécurité et celle de tous.



