Ces derniers jours ont été marqués par deux drames qui ont profondément touché notre profession.
Ces décès ne peuvent être réduits à de simples faits divers. Ils bouleversent l’ensemble de la profession et interrogent directement les conditions d’exercice du métier et le climat social qui règne aujourd’hui dans le secteur du VTC.
Depuis plusieurs années, Union-Indépendants alerte les pouvoirs publics et les plateformes sur les effets destructeurs du modèle économique du travail de plateforme. Dès avril 2025, notre organisation pointait le risque majeur d’épuisement professionnel : baisse continue des taux horaires, explosion du nombre de chauffeurs, allongement des temps d’attente entre les courses et chute historique de la rentabilité.
Aujourd’hui, de nombreux chauffeurs travaillent davantage pour gagner moins qu’en 2021. Dans certaines zones stratégiques, notamment les gares et les aéroports, les niveaux de rémunération rendent l’activité économiquement insoutenable pour une part croissante de la profession.
À cette crise économique s’ajoute une crise de confiance profonde. Les conclusions de la mission d’inspection interministérielle portant notamment sur les conditions d'accès à la profession de VTC déclenchée en juin dernier, pourtant finalisées, n’ont toujours pas été rendues publiques.
Cette opacité engage la responsabilité des pouvoirs publics et alimente une suspicion généralisée, fragilisant tout le secteur. Chaque fait divers impliquant un VTC conduit désormais à mettre en cause la légalité même du chauffeur.Dans ce contexte, la crédibilité du dialogue social est directement menacée. Or, les conditions actuelles ne permettent plus de mener des négociations loyales, équilibrées et efficaces.
C’est pourquoi Union-Indépendants a décidé de ne pas participer à la séance de négociation sectorielle prévue le 21 janvier.
Cette décision repose sur deux constats graves :
- Les plateformes sont revenues sur leur engagement d’abandonner les “conditionnalités” dans le cadre de la négociation sectorielle, engagement pourtant acté lors de la phase précédente.
- La légitimité de l’ARPE, autorité chargée de garantir le bon déroulement du dialogue social, est continuellement contestée par certaines fédérations de plateformes, rendant impossible toute négociation équilibrée.
Union-Indépendants a toujours respecté les règles de la démocratie sociale.
Mais le respect des institutions, des engagements et du cadre de négociation n’est pas optionnel.
Ce ne sont pas les représentants des travailleurs qui désertent le dialogue social : ce sont certaines plateformes qui en ont rompu les règles.
Nous demandons donc :
- La publication immédiate des conclusions de la mission d’inspection,
- Des mesures concrètes pour rééquilibrer la rémunération et lutter efficacement contre la fraude,
- Le respect strict du cadre du dialogue social, sans conditionnalités ni remise en cause de l’ARPE.
Union-Indépendants reprendra le chemin des négociations dès lors que les conditionnalités seront formellement et définitivement abandonnées par écrit.
Dans ce cas, la séance de février devra s’ouvrir prioritairement sur la question des commissions, sujet central pour la survie économique des chauffeurs.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus de gagner du temps.
Il s’agit de protéger des femmes et des hommes qui font fonctionner, chaque jour, le transport public individuel dans des conditions de plus en plus difficiles.



